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  Le postillon de Longjumeau (Adolphe Adam)
 

I N A U G U R A T I O N   D ' U N   M O N U M E N T

A D O L P H E   A D A M

L E   D I M A N C H E   2 3   M A I   1 8 9 7

A   L O N G J U M E A U

C'est sur la place de l'Hôtel de Ville de Longjumeau que le monument élevé à la mémoire et à la gloire d'Adolphe Adam a été inauguré, le dimanche 23 mai 1897.

A cette occasion, de grande fêtes avaient été organisées. Un concours musical réunissait une cinquantaine de sociétés. Longjumeau avait voulu fêter ses hôtes et s'était métarmophosé. Des guirlandes de verdure et de fleurs, des drapeaux, des inscriptions serpentaient et flottaient à travers les rues de la ville qui avaient peine à contenir l'affluence considérable de visiteurs venus de tous côtés.

Après les discours officiels de l'après-midi, à 19 heures, un banquet a lieu dans la grande salle de l'Hôtel de Ville, décorée, pour la circonstance, de tentures et de plantes. Le coup d'oeil est magnifique. La table, dressée en fer à cheval, comprend quatre-vingt-deux couverts.

MENU DU BANQUET :

 

POTAGE "POSTILLON"

BOUCHEES A LA "SI J'ETAIS ROI"

TRUITE SAUMONEE SAUCE "CHALET"

FILET DE BOEUF "TOREADOR"

RIZ DE VEAU A LA "GIRALDA"

PETITS POIS "ROI DES HALLES"

POULARDE DE LA BRESSE AU CRESSON

SALADE

BOMBES "GISELLE"

 

ADOLPHE ADAM : (1803 - 1856)

   ( D'après M. Ch. LENEPVEU, membre de l'Institut, inspecteur de l'enseignement musical en France et délégué de M. Le    Ministre de l'Instruction publique - mai 1897).

Après avoir donné plusieurs ouvrages, parmi lesquels il faut surtout citer Le Proscrit et Une Bonne Fortune, qui lui avait acquis une notoriété déjà flatteuse, Adolphe Adam obtint en 1834 un éclatant succès à l'Opéra-Comique avec Le Chalet, partition charmante, une de celles qui ont le plus contribué à établir et à perpétuer sa réputation. L'effet de cet ouvrage fut spontané et Le Chalet, dès son apparition, fut classé parmi les meilleurs du genre.

Au Chalet succédèrent La Marquise, puis Micheline, accueillies avec une nouvelle faveur et, en 1835, Le Postillon de Longjumeau, oeuvre alerte et spirituelle où l'on trouve au plus haut degré les brillantes qualités qui rendirent si justement populaire le nom d'Adolphe Adam.

Un vrai sentiment de la scène et des situations, une gaieté franche et communicative, une mélodie facile et abondante, accompagnée d'une claire et sémillante instrumentation, tels sont les éléments qui ont assuré le succès de cet ouvrage et en ont fait un type si essentiellement caractéristique de l'opéra comique français que, de nos jours même, après plus d'un demi-siècle d'existence, Le Postillon de Longjumeau, figure encore au répertoire de tous les théâtres d'Allemagne.

De 1835 à 1844, Adolphe Adam fit de nouveau représenter à l'Opéra-Comique, avec des fortunes diverses, un grand nombre d'ouvrages dont les mieux connus et les plus estimés sont : Le brasseur de Preston, La Reine d'un jour et Le Roi d'Yvetot.

Il obtint, en outre, à l'Opéra, des succès incontestables avec ses ballets : La Jolie Fille de Gand (1839), Giselle (1841) et Le Diable à Quatre (1845).

A cette période, Adolphe Adam fonda un théâtre lyrique, dans le but de procurer un nouveau débouché aus productions des jeunes compositeurs. Cette généreuse initiative, digne d'un meilleur sort, fut pour lui la source des plus amers déboires, des plus cruelles épreuves.

Non seulement il y perdit le fruit de ses économies, mais encore il engagea son avenir, ne gardant pour unique ressource que la modeste indemnité allouée aux membres de l'Institut, où il avait été élu en 1844.

C'est au milieu de pareilles angoisses que sont écloses les fraîches et charmantes inspirations dont abondent Le Toréador et Giralda.

C'est à force de volonté, de courage et de travail, qu'Adolphe Adam triompha avec bonheur de la mauvaise fortune. Le travail était, il le dit lui-même dans ses Souvenirs d'un Musicien, la seule passion, le seul plaisir de sa vie.

Il le prouve en donnant encore, de 1851 jusqu'à sa mort (1856), plus de dix ouvrages, parmi lesquels il faut citer le ballet du Corsaire, à l'opéra, et surtout Le Bijou perdu et Si j'étais Roi, dont le vif et prolongé succès rendit l'existence à ce Théâtre lyrique qui avait été la cause de sa ruine.

A noter qu'Adolphe Adam fut aussi un professeur éminent au Conservatoire où il tint une chaire de composition de 1848 à 1856. Plusieurs prix de fugue aussi, récompensèrent l'enseignement d'Adolphe Adam. Son professorat ajoute donc à sa gloire de compositeur.

STATUE DU POSTILLON

Sculpteur : Paul FOURNIER
Architecte : Léon BONNAIRE

Inscriptions protées sur le devant de la stelle :

- Le Postillon de longjumeau
- Le Chalet
- Giralda
- Si j'étais Roi
- Noël

"A Adolphe Adam 1803 - 1856, la ville de Longjumeau"

Inscriptions portées sur le derrière de la stelle :

- Le Brasseur de Preston
- Giselle
- Le Bijou Perdu
- Les Pantins de Violette

"Ce monument a été elevé à Adolphe Adam, le 23 mai 1897 par souscription nationale ouverte par la ville de Longjumeau sur l'initiative de Léon ROBELIN, Maire, Félix FAURE étant Président de la République"